Christelle Dauvergne

Transposer les écrits d’une langue à l’autre et en restituer fidèlement l’esprit

Depuis 1998, je me consacre à la traduction juridique et à la post-édition juridique, cherchant sans relâche le mot juste et précis pour que les textes qui me sont confiés coulent naturellement de source. Humanité, écoute, rigueur, passion, précision, ponctualité et linguistique juridique sont mes alliés au quotidien. Mes clients sont des entreprises, des professionnels du droit, de la communication et d’autres acteurs du monde de la création et de l’écriture, soucieux de traduire, de réécrire et de rédiger avec justesse et excellence.

Christelle Dauvergne, traductrice juridique français, espagnol et catalan

Traduction juridique, intelligence artificielle et éthique

L’intelligence artificielle transforme les métiers du langage à une vitesse que la profession a mal anticipée. Les outils de traduction automatique se multiplient, les grands modèles de langage s’intègrent désormais aux flux de travail et l’enthousiasme technologique qui en résulte tend à en sous-estimer les risques.

S’agissant de la traduction juridique, ces limites ne sont pas théoriques mais concrètes et quotidiennes. Aucun système automatisé ne peut saisir avec fiabilité la nuance d’un registre, assumer la responsabilité d’un acte ou garantir la précision d’un terme dans un contexte sensible. Or, dans ce domaine, chaque mot produit des effets juridiques.

Les corpus sur lesquels s’entraînent les modèles de langage restent profondément déséquilibrés : l’anglais y domine, tandis que les langues minoritaires et les variantes régionales sont marginalisées. Ce phénomène dépasse la seule technique ; il participe à un appauvrissement progressif de la diversité linguistique.

Les systèmes traitent mes langues de travail (catalan, espagnol et français) de manière inégale et, en tant que professionnelle expérimentée, j’en maîtrise les nuances, les variantes et la réalité juridique et culturelle que l’IA, même juridique, n’est pas en mesure de restituer. Dans ce contexte, la supervision humaine qualifiée ne relève pas d’un choix : elle est une exigence professionnelle et éthique, en particulier lorsque les textes engagent des droits, des obligations ou des responsabilités.